PEUT-ON PRÉVENIR la maladie d’Alzheimer?
La maladie d’Alzheimer correspond à des anomalies des protéines constitutives de la cellule nerveuse et les manifestations cliniques sont liées à la perte neuronale. Son origine exacte reste inconnue même si plusieurs mécanismes physiopathologiques ont été repérés et des facteurs environnementaux (alimentaires, éducationnels…) et génétiques participent à sa survenue et à son développement.
On ne peut donc pas,actuellement,exercer une prévention primaire,spécifique,qui éviterait l’apparition de la maladie.Mais la recherche progresse pour connaître la physiopathologie, par exemple pour mettre au point des vaccins. Des moyens de prévention semblent possibles, au vu d’études observationnelles,mais les essais cliniques d’intervention qui la prouveraient sont difficiles.
C’est l’objet de la Fondation de coopération scientifique pour la recherche créée en 2008 par le Plan “Alzheimer et maladies apparentées” 2008-2012.
En l’absence d’une prévention primaire “totale”,certaines mesures permettent toutefois de retarder ou de ralentir l’apparition de la maladie et de ses symptômes cliniques. Au début de la maladie,il est possible de diminuer le nombre de petites lésions vasculaires, ce qui met le cerveau en meilleure condition, préserve davantage de neurones et améliore la fonction endothéliale vasculaire:ainsi, la survenue des signes cliniques sera-t-elle encore plus décalée par rapport aux lésions biochimiques intra et périneuronales.
C’est en ce sens que la prévention vasculaire générale est efficace dans la maladie d’Alzheimer. En effet,les mesures générales de prévention,valables pour éviter la survenue des maladies cardiovasculaires ou des cancers,permettent aussi de retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer.
L’alimentation doit être équilibrée selon les règles du Programme national nutrition santé (PNNS),en évitant de “manger trop gras,trop salé et trop sucré”. Les recommandations devraient être renforcées en intervenant sur la composition de certains aliments. Il est aussi nécessaire de lutter contre les facteurs de risque cardiovasculaire classiques:l’hypertension artérielle,les anomalies lipidiques,le tabac, la surcharge pondérale et la sédentarité.
Il existe une prévention spécifique de la maladie d’Alzheimer: l’entraînement cérébral. Tout comme la prévention vasculaire, il permet une épargne neuronale,et la plasticité neuronale acquise par l’entraînement permettrait de retarder la survenue des manifestations cliniques de la maladie d’Alzheimer,tout en maintenant des activités appréciées des personnes malades (jeux de cartes,calcul mental,activités de danse, musique,activités de groupe,etc.).